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フランス語版『21世紀のアイコンを探して!』

Regards portés sur la mode de cette saison : « A la recherche des icônes du XXIe siècle »

 OUVERTURE ;
Considérons cette année 2005 comme la première année du XXIe siècle : cela nous fournit un meilleur éclairage sur nos préoccupations actuelles concernant « les icônes du XXIe siècle ». Evidemment, de telles préoccupations passent inaperçues auprès des personnes qui passent leur temps à consommer superficiellement les images qui défilent à toute vitesse devant eux. Ces dernières années constituent, me semble-t-il, le prologue du XXIe siècle, dont le visage commencerait à apparaître vaguement mais graduellement.
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Au XXe siècle, siècle qui a vu naître les icônes les unes après les autres, c’était l’« image » qui motivait les designers et les inspirait dans leur création. A partir des « images » fabriquées par autrui, s’inspirant de leur esthétique, de leur problématique, de leur élégance, de leur conception du monde, ainsi que de l’ambiance de l’époque et la conscience de soi qu’elle véhicule, ils appliquaient tout cela à leurs créations. En ces temps-là, l’« image » pouvait faire naître la « réalité », car on croyait toujours en l’avenir, on concevait cet avenir comme étant inconnu, et on en rêvait. L’espérance, le clinquant et la « réalité » dans la vie étaient nées, et on pouvait y trouver la différence dans les « images ». Et après tout, c’était à cette époque qu’étaient instituées les structures par lesquelles les individus qui exerçaient un contrôle sur la temporalité pouvaient faire naître la valeur et en tirer du profit. Dans la mode au XXe siècle, donc, la « tendance » avait une efficacité réelle dans l’émergence et la détermination de la valeur.
Mais qu’est-ce que la « tendance » aujourd’hui ? A notre époque, elle n’a déjà plus la même valeur.
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La cause de cette évolution considérable dans le Japon du XXIe siècle, c’est la prospérité et l’absence d’éthique issues des 60 ans d’histoire traversés par le Japon après la Deuxième Guerre Mondiale. Dans ce nouveau contexte de prospérité, la plupart de gens possèdent effectivement leurs propres « réalités ». Nous vivons dans une époque d’abondance, et n’importe quel individu a une totale liberté d’action. Aujourd’hui, les individus possèdent même leurs propres archives.
Dans cette époque de liberté et de richesse, n’importe qui peut fabriquer assez aisément des « images », que ce soit avec l’appareil photo intégré au portable, ou encore avec un appareil numérique. Aujourd’hui, les « images » que les médias répandent négligemment investissent en masse la vie quotidienne ; dès que les médias les émettent, ces images se consomment immédiatement. Dans le contexte de la mondialisation, on ne voit plus de différence dans ces « images ». Le colonialisme du XXIe siècle serait ainsi né, dans lequel tout se résolverait dans une sphère limitée, à savoir : l’information, la communication et le divertissement. La méthode de la mondialisation consiste à les simuler virtuellement avec des « images ».
L’homme fait déjà l’expérience de la vie réelle, dans laquelle on ne peut plus croire en l’avenir, et s’aperçoit qu’il faudrait chercher son avenir dans la « réalité » et la « nostalgie ». De nos jours, l’« image » ne fait plus naître la « réalité », mais au contraire c’est la « réalité » qui fait naître l’« image ». Et c’est pourquoi la jeune génération éprouve le besoin de contrôler ces « images ». Au XXIe siècle, c’est la gestion de ces « images » qui est source de valeur et de profit. (MTV, NANA, Portable, i-Pod, Horiemon, Mikiya, Akiba, Bernard Arnaud, Karl Lagerfeld —— Disneyland et Andy Warhol furent à l’origine de tout cela.)
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Des pièces qui se veulent des « images » d’« images » sont déjà démodées. Si l’on juge de la qualité des pièces des collections printemps-été 2006 présentées à Tokyo, il n’y avait que des designs de mauvais goût, vaniteux, irréels et éphémères. (Par exemple, DressCamp est une icône périmée du XXe siècle. Il devrait, me semble-t-il, disparaître bientôt ; la « réalité » de ce Fashion DJ conviendrait uniquement aux personnes issues du monde de l’art, ou encore aux établissements de plaisir.) Les icônes du XXIe siècle, donc, devraient naître d’un milieu régi par le sens du beau, la conception du monde et de l’époque, sa problématique et son atmosphère, dont le fondement est la « réalité » de nos propres expériences et des responsabilités que nous avons acquises.
La « réalité », concept clé du XXIe siècle, qui devrait être l’origine de tout dans la mode, symbolise concrètement le visage et l’aspect de l’époque, tout comme le visage est la partie du corps qui constitue avant tout la « réalité » des individus. Par exemple, dans le monde de l’édition ou du journalisme actuel, au Japon la langue parlée ou la théorie du corps ont remplacé la sémiologie ou la théorie littéraire qui traitaient d’images abstraites ; ce phénomène s’explique, pour ainsi dire, par le retour à une « réalité » faite d’instincts, basée sur la possession d’un sexe et la capacité de faire naître d’autres individus.
Ce qui est important et indispensable, pour l’inspiration dans une création attentionnée dans le domaine vestimentaire, c’est donc de savoir comment exprimer par le vêtement la réalité corporelle de l’homme contemporain. La période où les collections ne présentaient que des vêtements de mauvais goût est révolue. Ce qui doit désormais susciter notre intérêt, ce ne sont pas des vêtements désignés par les designers, mais des vêtements qui mettent au premier plan le visage et la forme des gens qui les portent. Telle devrait être la « tendance » actuelle.
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Au moment où l’on essaye de juger à l’aune de cette théorie les collections pour hommes et pour femmes 2006 à Paris, on peut sentir le souffle et le battement du début de ce nouveau siècle.
Depuis deux ans, le marché pour les gays, l’un des deux plus grands pôles du marché dans la mode masculine, a petit à petit perdu de son effervescence. Certains gays commencent à prendre soin de leur santé et à s’intéresser plus directement au développement de leur beauté physique par un entraînement suivi. Ils travaillent leurs corps en visant avec pour modèle l’élégance des proportions de la sculpture grecque. Leurs « réalités » consistent, donc, à savoir comment exprimer leurs corps bien proportionnés plus simplement, normalement et directement. L’autre grand pôle de la mode masculine est constitué par les jeunes qui commencent à s’amuser ses « réalités » avec ses corps et ses oreilles, en écoutant la musique se glisse à la surface plus directement et plus passionnément que la mode.
Ici le Fashion s’est complètement transformé en un MTV visualisé ; autrement dit, la mode masculine commence à se particulariser en deux tendances, à savoir le MTV mis à la mode et le dandysme masculin. Le rôle des hommes modernes se trouve ainsi polarisé : d’un côté les hommes galants et complètement fragiles, doux et dociles comme des animaux à la maison, mais visiblement coquets et un peu voyous, et de l’autre les hommes galants et musclés comme des gentlemen de mauvais goût ou des célébrités actuelles, dont la fierté est de dépenser un maximum d’argent pour les filles.
Le « corps actuel » du premier type est représenté par DIOR HOMME, qui commence à allonger la silhouette de ses modèles comme dans la sculpture de Giacometti, et à traiter la musique comme le corps. Par ailleurs, celui des « Young Gentlemen » commence à devenir chic dans le luxe à travers la silhouette classique et masculine présentée par Gilles Rosier ou HERMES HOMME.

Quant aux femmes, leur corps actuel commencent à s'effondrer. Les jeunes femmes parvenues au milieu de la trentaine, dont le corps est devenu laid à cause du confort quotidien et de la bonne chère qui vont avec une vie prospère, se mettent à transformer laborieusement leur propre corps en fréquentant les salons de beauté et les clubs de sport. Les jeans récents qu’elles mettent fontt en réalité office de corset de la correction de ses corps par la matière textile et le pattern grâce a la fabrication à la technologie élevée. Cette évolution du pantalon peut être considérée comme l’une des icônes du XXIe siècle.
Pourtant, les designers d’aujourd’hui rechignent bizarrement à présenter ce type de pantalons ; mais certains d’entre eux, pour cette saison 2006, essayent de traiter le « corps laid » comme le phénomène du RE-body conscious : dans cette perspective, les femmes commencent à bander leur propre corps avec un carré de tissu, pour corriger avec les vêtements le « corps de l’époque », qui sont en train de s'effondrer. ( Evidemment, Azzedine Alaia avait déjà envisagé cette méthode en 1984-1985, avec sa magie du traitement du vêtement à trois dimensions. ) Elles s’amusent à élever les fétiches, par exemple des objets vendus aux sex shops, au statut de vêtements de soirée, avec le concept de la « protection ».
Encore une fois, les designers à Paris se mettent de nouveau à réfléchir sur le corps en tant que ses « réalités » et à le considérer comme le phénomène du RE-body conscious (voir par exemple Rick Owens, UNDERCOVER, Comme des Garçons, BLESS, Bernhard Willhelm, Balenciaga, Junya Watanabe, Hussein Chalayan, Alexander McQueen, etc.).

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-5- About TOKYO Collections ’06S/S ;;
On a pu trouver alors la conception de l’époque actuelle dans la tente, le jardin zoologique contrôlé ? Pour conclure un peu avant, je trouve qu’il n’y avait aucune « icône du XXIe siècle ».
Certains se rendent probablement compte de cette crise, à savoir notamment Tetsuya YAMAMOTO de POTTO, Issey TAKASHIMA de Ne-net et quelques autres jeunes designers qui continuent de présenter des collections convenables du point de vue de la qualité. Tous les autres ne font que gaspiller des ressources naturelles par grande méprise sur les « icônes du XXe siècle ». Ce que ces designers ont en commun, ce sont les neuf péchés originels suivants : ils sont ni modernes, ni émotionnels, ni artistiques, ni intellectuels, ni intéressants, ni authentique, ni libres, ni culturels, et trop chers.
La plupart des designers passent à côté des questions fondamentales : Pourquoi faites-vous des vêtements ? Quelle est votre échelle des valeurs dans votre création ? Qu’est-ce que le design pour vous ? Quel est le rôle de votre design ? A qui voulez-vous faire porter vos vêtements ? Qu’est-ce que le bon design ? A défaut de ces questions fondamentaux, il n’y a que des designers qui traitent impudemment des vêtements en surface par grande méprise. Leurs collections ne sont que des « collections pour grands magasins », soumises au marché . De ce point de vue, il me semble qu’ils n’aient pas réellement besoin de s'attacher à la tente.

A ma connaissance, ce qui m’a semblé le plus tokyoite dans les collections de cette saison s’intitule la Young Creator’s Collection. J’ai confirmé la borne de l’enseignement et la réalité de la mode actuelle à Tokyo. Il est certain que cette collection était sincère et belle... et alors ? Je n’y ai perçu rien d’autre. Le symptôme de l’hypertrophie du nerf périphérique, voilà notre maladie nationale : même si l’on était polisson à l’école primaire, une fois reçu dans la société active à la fin de ses études, on deviendrait trop sérieux, et finalement tout ce que l’on a acquis relèverait de la connaissance des ficelles du métier.
Je me suis d’ailleurs aperçu que cette collection-là était destinée aux anciens (brillants ?) élèves de Bunka-Fukusou-Gakkou. Tout ce qui s’était passé à Tokyo s’accordait à la « réalité de la mode » du Japon actuel qui entoure ces diplômés ; telle est la structure qui figeait tout dans le domaine de la mode depuis plus de 30 ans.
La nouvelle tente sera désormais devenue le Fashion Theme park pour des gens qui ne peuvent pas poser pour designer. L’ordre d'ancienneté ? La coquetterie ? La flatterie ? Par ailleurs, au sortir de ce Fashion Amusement, où vont les mécontents ? Peuvent-ils aller plus loin ? Le 109 est une autre Tokyo réalité dans laquelle ses réalités sont déjà désignées. Enfin, tout ce que fait le 109, c’est d’accélérer la séparation de deux pôles des collections de Tokyo avec ses impôts. Les mots clés que j’ai repérés à propos de Tokyo sont donc : la grandeur nature, la relève des générations d’Ura-Hara, la supériorité des matières textiles du Japon, la richesse sans l’éthique, le nerf périphérique, la grande méprise, les Fashion DJs.
Quand parviendra-t-on alors à repérer les « icônes du XXIe siècle » dans les collections de Tokyo ? J’éprouve un grand plaisir dans une telle recherche.


                          On o8th.Dec.’05   
           Text by Také Hirakawa
Translations by Naoki YONEDA

投稿者 : take.Hirakawa | 2006年01月27日 18:17